Et toi, comment joues-tu en ville ? Comment profites-tu de l’espace public ?   
Suis-tu le cours de l’eau, la ligne de l’architecture ?
A chacun.e sa manière d’arpenter la ville.
Le roman-photo de Mareme et Samir, en lien avec le CAUE93
© Bruno Levy
Noisy, la vie, Bofill et Abraxas...

Une visite guidée à Noisy-le-Grand, aux Espaces d’Abraxas dans les pas des habitant.e.s, ça vous dit ? Quand l’intime se mêle avec le caractère monumental d’une des réalisations majeures de l’architecte catalan Ricardo Bofill.

©Bruno Levy

« Suivez le guide aux Espaces d'Abraxas », c’est le nom du programme développé en 2021 à Noisy-le-Grand pour raconter par la voix de ses habitants l’histoire architecturale, mais aussi plus intime d’un quartier dessiné au mitan des années 70-80 par l'architecte et urbaniste catalan, Ricardo Bofill.
Abraxas, mastodonte multiple de près de 600 logements qui oscille entre Olympe grecque et Gotham City, est en effet, aujourd’hui, un lieu de visite prisé des touristes du Grand Paris. A l’initiative de trois bailleurs du quartier -CDC Habitat, l'Apes et Sequens-, le site est désormais fréquemment exploré dans les pas d’une dizaine d’habitants formés par le Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement de la Seine-Saint-Denis -CAUE 93- pour mieux dévoiler les secrets et les détails architecturaux de ce patrimoine de la Seine-Saint-Denis.  Deux de ses habitants, Samir Rouab et Mareme Fall, ont joué les guides pour Arpenter. Morceaux choisis d’un arpentage dominical.
©Clara Bougon
Embarquez,
avec YA+K dans l’hyperloop
à Bagnolet

A Bagnolet, tout près du Parc départemental Jean-Moulin-Les Guilands, le collectif d’architectes et d’urbanistes de YA + K -carte blanche d’Arpenter #2 - sait prendre de la hauteur en allant puiser son inspiration aussi bien sur et sous la dalle de la Noue que dans cet immense parc qui embrasse tout l’Est francilien à cheval sur les communes de Bagnolet et Montreuil. Voilà comment Ya + K a proposé durant l’été dernier son « Hyperloop, saison d’été numéro 1, une manière de partir autrement à la découverte de la Seine-Saint-Denis », dévoile Etienne Delprat, architecte et cofondateur de Ya+K. L’idée, c’est vraiment de faire de la Seine-Saint-Denis une destination touristique à part entière.. Et à partir de là, on va créer une cartographie alternative de la Seine-Saint-Denis. Il y aura, par exemple, des balades ouvertes autour de l’échangeur de la Porte de Bagnolet, un endroit qui n’est pas qu’un « monstre de béton » en dépit des apparences, vraiment, ce qu’on veut c’est offrir une autre vision de la banlieue et des gens qui y vivent. »
Un projet qui est aussi très féminin puisqu’avec Waël Sghaier, l’ambassadeur et « guide-suprême » des coins et recoins du 93, la parole est donnée à des jeunes filles de Bagnolet afin qu’elles partagent leur regard sur leur département. Etienne Delprat encore : « Ce qu’on souhaite, c’est que ces jeunes filles puissent, pourquoi pas, lors des Jeux de 2024 être des guides qui sortent des sentiers battus pour les touristes du monde entier qui se seront donnés rendez-vous en Seine-Saint-Denis pour les Jeux Olympiques et Paralympiques.»
Par Fred Haxo
© Clara Bougon
© Clara Bougon
© Clara Bougon
© Clara Bougon
© Clara Bougon
© Clara Bougon
© Clara Bougon
© Clara Bougon
© Clara Bougon
© Clara Bougon
   
> Arpenter + loin :
En savoir + sur le collectif YA+K, par ici.
(Re)découvrir le numéro 2 d’Arpenter, par là.
  
Une séance de voyance sur votre quartier, ça vous dit ?
Convoquer la connaissance des usagers sur leurs lieux de vie paraît une évidence pour les adapter à leurs pratiques et besoins. Ce n’est pas sans poser de problèmes méthodologiques. Attirer une variété de personnes, représentative de la sociologie actuelle et future du territoire, et réussir à mobiliser leur « maitrise d’usage » au service d’un projet urbain demande d’inventer des outils adaptés. La dimension ludique et humoristique, loin d’être réservée aux plus jeunes ou d’empêcher une collecte sérieuse de données, permet d’engager un dialogue nourri. Chemin faisant, la parole et les imaginaires se libèrent. Et si le jeu permettait d’approfondir l’analyse d’un espace actuel et de ses potentiels futurs ? Et si la complexité pouvait être abordée dans la convivialité ?
C’est à l’occasion d’une mission sur la rénovation d’espace communs d’une résidence d’habitat sociale parisienne que Clara Jung au sein de l’atelier Approche.s ! imagine « Les diseuses de lieux ».
« Bonjour Madame, vous voulez jouer à une partie de voyance avec nous ? C’est pour réfléchir ensemble à comment améliorer les espaces communs de la résidence. »
Une table installée en pied d’immeuble, les habitant.es sont interpellé.es en individuel ou petits groupes par un.e « voyant.e » ; les participant.es se livrent de manière décalée et conviviale. En se demandant si sa cour d’immeuble sera d’ambiance plutôt maritime, intimiste ou accueillante, des questions bien concrètes émergent - mésusages, gestion des déchets, espaces de socialisation gommés – auxquelles devront répondre les propositions de réaménagement.
 « Les Diseuses de lieux » jouent sur le passé, l’actuel et le futur d’un lieu pour faire émerger spontanément les ressentis, potentiels d’usages et d’ambiances urbaines. Inspiré de l’esthétique du tarot, le jeu de 52 cartes construit grâce ses illustrations fluides et expressives, un univers entre rêve, hasard et mystère qui touche petits et grands.
Et toi, quelle carte vas-tu tirer pour la ville de demain ?
Pour en savoir plus sur le jeu, c'est là. Le jeu en pré-commande, c’est ici.

Par Laure Gayet

> Arpenter + loin :
> La plateforme La ville en jeux valorise des jeux pédagogiques sur les thèmes de l’architecture et la ville. Par ici.
Arpenteurs multicanaux
...

© Bruno Lévy

© Bruno Lévy

Sur l’Ourcq, le canal Saint-Denis ou la Seine, ils arpentent l’eau et ses rives, inventent des manières de rapprocher les habitants de Seine-Saint-Denis des cours d’eau qui traversent leurs vies. Récits d’arpentage avec les architectes du projet Canal tropical sur l’Ourcq, les artistes du 6b à Saint-Denis et le créateur de l’Odyssée, « projet fleuve et fête nautique. »

© Bruno Lévy

1
À Saint-Denis,
le 6b en mode « art-pentage »

Chaque été depuis 2019, des artistes résidents du 6b posé à la confluence du canal Saint-Denis et de la Seine invitent des habitants à imaginer et fabriquer avec eux des objets flottants non identifiés. Voici comment ils « ar-pentent » ce moment partagé lors de l’Odyssée. 
Antonin Dony, membre de Capsule, collectif d’artistes réunis autour de l’image en mouvement.
« Avec Capsule, c’est déjà notre troisième participation à l’Odyssée et on a plongé tout de suite dans le projet. Ce canal, c’est un paysage qu’on a envie de protéger parce que c’est un peu le baromètre de notre vie, on le voit couler juste en bas de notre atelier. D’ailleurs grâce à la plage du 6b, il y a de plus en plus de gens qui viennent arpenter ce lieu, s’y poser le temps d’une fête. L’idée, maintenant, c’est d’aller sur l’eau, de créer pourquoi pas une plateforme accessible aux habitants. Ou pourquoi pas une sorte de parc d’attractions flottant ! Et, quand on pourra sauter dans l’eau, on sera les plus heureux. 
Côme Debray, architecte et régisseur du bâtiment du 6b. Également référent technique de l’Odyssée et « capitaine » d’une aventure qu’il espère au long cours.
« L’Odyssée, c’est une reconquête d’un canal qu’on regarde rarement, qu’on traverse et qu’on enjambe sans vraiment faire attention à sa présence. Mais, le temps d’un évènement d’été, on est enfin à son contact, on peut aller sur ce canal et se rendre compte qu’il serait temps d’améliorer son état écologique.
Notre rêve maintenant, ce serait que certains des objets comme le kiosque flottant ou la balançoire sur l’eau inventés au fil des éditions de l’Odyssée, puissent rester tout au long de l’année, qu’ils soient des objectifs de visite pour celles et ceux qui arpentent ce canal.
•••
2
« Rebattre les cartes de la géographie urbaine »
Chaque fin d’été depuis 2019, Ricardo Esteban rend la Seine et ses canaux festifs à travers le Festival l’Odyssée. Son ambition : faire des cours d’eaux des points centraux dans la vie des habitants du Grand Paris.
« Avec l’Odyssée, on rebat un peu les cartes de la géographie urbaine depuis 2019 en essayant d’offrir un regard différent sur la ville, une autre façon de l’arpenter. Par ses cours d’eau donc. Traverser Pantin par le canal de l’Ourcq, par exemple, c’est voir défiler le paysage de la Seine-Saint-Denis sous un autre angle. C’est pour ça aussi que je rêve de tracer des pistes à canoës, entre autres autour de l’Ile-Saint-Denis, une île ville qui est aussi un territoire complètement fou au milieu d’un environnement fabuleux entre la zone Natura 2000, la cité Maurice-Thorez...
En suivant l’exemple des poids lourds qui n’ont pas le droit de circuler le week-end, pourquoi ne pas faire de la Seine un espace public les week-ends d’été ? Ce serait une vraie reconquête de nos canaux et de nos fleuves.
La glisse sur l’eau, c’est magique...
À côté de ça, avec les chantiers de l’Odyssée, on plante des graines pour que les populations des quartiers puissent se tourner vers l’eau. Parce que, pour beaucoup en Seine-Saint-Denis, la pratique des activités nautiques, n’est pas à portée de main.
Bien sûr, c’est toujours plus simple de jouer au foot dans un milieu urbain, mais peu à peu, on conduit des petites poches de population à se réapproprier l’eau comme lorsqu’on installe, par exemple, dans le Parc départemental Jean-Moulin-Les Guilands à Bagnolet des chantiers de construction navale et qu’ensuite on organise des entraînements nautiques avec des enfants. 
Et là, ce qui se passe sur l’eau au moment de l’apprentissage de la glisse, lorsqu’on ouvre la Seine et les canaux aux pratiques nautiques, c’est presque magique ! » 


> Dans vos oreilles, une balade fluviale:


L’idée, maintenant, c’est d’aller sur l’eau, de créer pourquoi pas une plateforme accessible aux habitants  






Notre rêve maintenant, ce serait que certains des objets comme le kiosque flottant…








Traverser Pantin par le canal de l’Ourcq !









…on plante des graines pour que les populations des quartiers puissent se tourner vers l’eau !



Podcast #1 de la série En Mouvement, en kayak sur le canal de l'Ourcq avec Wael Sghaier
Réalisation: équipe In Seine-Saint-Denis, Delphine Thebault
    
  
Design graphique: @Antje_Welde / Voiture 14
Back to Top