Il y a les nouveaux communs à co-construire ici et maintenant, ensemble dans ces espaces publics, de transition.
Il y a aussi les nouveaux communs d’un monde virtuel au service de toutes et tous.
Et puis, il y a les nouveaux communs d’un futur proche, de demain.
La grande traversée: parcours artistique et lumineux favorable à la marche nocturne des femmes

© Signalétique: Clémence Passot

© Signalétique: Clémence Passot

Depuis 2014, l’Atelier Approches intervient dans le quartier en renouvellement urbain “Emile-Dubois” à Aubervilliers dans le but de tester de nouveaux usages par des aménagements transitoires co-construits avec les habitant.es. Différentes réalisations ont été menées : la construction d’agrès sportif non genrés (2017), la construction d’un abris convivial devant le groupe scolaire (2019), l’accompagnement à l’ouverture d’un lieu dédié aux femmes : l’Aquarium (2020), etc.
En 2018, lors d’un diagnostic genré des espaces publics, près de la moitié des personnes interviewées estiment ne pas faire des parcours de plus de 10 minutes dans l’espace public et ont un rapport utilitaire à l’espace public – courses, école, travail. Ce diagnostic révèle aussi que 82% des femmes ont peur de se déplacer la nuit à l’intérieur du quartier.
Comment alors redonner envie de marcher dans le quartier ? Approches décide, en 2021, d’accompagner la mobilité piétonne de toutes et tous dans le quartier. En collaboration avec la graphiste Clément Passot, le parcours diurne de La grande traversée est réalisé, reliant le quartier Emile-Dubois au futur éco-quartier du Fort d’Aubervilliers. Co-programmé et co-conçu avec un groupe d’habitantes, ce parcours est matérialisé par des panneaux de signalétique graphique, des fresques mettant à l’honneur les femmes du quartier et un plan dessiné.

© Design du parcours lumineux : Studio Idaë

Après une phase d’ateliers participatifs pour définir les usages et les attentes formelles de différents groupes d’habitant.es la nuit, Approche.s ! étend en 2022 la démarche à un parcours lumineux. Il reliera une série de dispositifs lumineux disposés toutes les 2-3 min de marche le long d’une boucle piétonne pour rendre le quartier plus accueillant la nuit. Trois prototypes de dispositifs lumineux support de la marche et d’usages sont prévus :
>> les “repères” : module de base servant de signaux visible de loin tout au long du parcours
>> les “relais de réassurance” qui confortent les marcheur.se.s à des points clefs : croisements, le long de linéaires un peu longs, etc.
>> les “salons de rue” : abris servant de lieu de convivialité avec des assises aux silhouettes d’habitant.es du quartier pouvant être déclinés pour 4-5 personnes ou 5 à 10 personnes.
Pensés comme un kit de prototypes adaptables à différents territoires, les 3 dispositifs cherchent à passer d’une logique normative de suréclairage sécuritaire à une logique d’accompagnement des usages nocturnes et des modes doux pour une ville marchable.


Par Laure Gayet
Le projet est soutenu par le dispositif Faire 2020 du Pavillon de l’Arsenal, l’Etat via le contrat de Ville, la Région Ile-de-France, l’OPH et la Ville d’Aubervilliers, Entra.
Par l'IRI, Institut de Recherche et d'Innovation
Plongée au cœur de deux projets : « Urbanités numériques en jeux » et « Eco-citoyens »
Les nouveaux communs sont et seront (aussi) numériques







> Arpenter + loin :
Inspiration prise dans le projet RennesCraft né en 2014,
découvrez le ici.
Découvrez le travail mené par l’Institut de Recherche et d’Innovation,
par là. Découvrir le programme Territoire Apprenant Contributif, une expérimentation territoriale sur 10 ans menée en Seine-Saint-Denis par l’équipe de l’IRI et dont Urbanités Numériques En Jeux fait partie, par ici.
> Arpenter + loin :
Le Conseil d’Architecture d’Urbanisme et d’Environnement 93 accompagne des établissements scolaires de la maternelle au lycée de notre territoire pour les aider à repenser leurs cours de récréation, c’est le dispositif Cour Oasis, pensé pour et surtout avec les élèves eux-mêmes.
Par ici !
Acte 1 : Urbanités numériques en jeux !
Cela va bientôt faire trois ans que les ateliers Urbanités numériques en jeux sont menés dans dix établissements du Département de la Seine-Saint-Denis. Le constat ? Les technologies numériques bouleversent la conception, la production et la gestion urbaine ainsi que nos manières d'habiter les villes. Le principe de ces ateliers ? Sensibiliser, via des ateliers et un travail en plusieurs étapes, les élèves aux transformations pour qu’ils soient en capacité de comprendre les nouveaux milieux urbains « connectés » et en deviennent acteurs à part entière.
Ainsi, ces ados qui vivent la ville aujourd’hui et imagineront les transformations de demain, agissent immédiatement. Pour les guider ? Des urbanistes, architectes, -ICI ! et le cabinet d’architectes Ozone -, des designers pour appréhender le logiciel Minetest et modéliser numériquement de nouveaux espaces de vie… Ils imaginent très concrètement ce que pourrait être la cour de récréation de leur collège, la place animée de leur quartier, jusqu’à penser la reconversion de certains éléments du village des Athlètes ou du village des Médias construits dans le cadre des JOP 2024.
Et cela débouche sur du très concret.
Un exemple ? Les étudiants du lycée Papin de La Courneuve avaient pour projet de repenser une place de leur ville. « Ils en ont fait un poumon vert» raconte Riwad Salim designer numérique à l’IRI. « Les urbanistes les ont fait réfléchir sur ce qu’il y manquait, ce qu’ils aimeraient y voir pour profiter du lieu. Ils y ont mis des jeux d’enfants, des jeux d’eau et ont présenté le projet en mairie ».
Est-ce que ces aménageurs en herbe ont conscience des enjeux auxquels nous faisons face ?
« Oui, particulièrement ceux qui ont suivi les ateliers Urbanités numériques en jeux depuis le début, c’est le cas du collège Poincaré à La Courneuve où le groupe a suivi les ateliers sur trois années de scolarité. Ils ont en tête les enjeux de biodiversité, d’îlot de chaleur », explique Riwad avant de renchérir : « un autre exemple parlant, c’est avec les élèves du collège Henri Barbusse à Saint-Denis. Quand les architectes leur ont expliqué que la Vieille mer, une petite rivière, avait disparue avec l’urbanisation et l’industrialisation, ils ont immédiatement eu pour projet de la faire ressurgir ».
En juin dernier, c’était hackathon à l’occasion de l’événement « Le Village Aquatique » organisé aux Archives Nationales. Les collégiens de plusieurs établissements ont planché sur le réaménagement des berges de la Seine au niveau de Saint-Ouen et de l’Ile-Saint-Denis. Ils ont ensuite, par équipe, présenté leurs propositions devant le reste de l’assemblée. Une vraie source d’idées qui pourraient bien inspirer et questionner les aménageurs du territoire…
© IRI
© IRI
© IRI
© IRI
© IRI
© IRI
Acte 2 : Eco-citoyens et jeu commun, les règles de la partie
Par Vincent Loubière co-directeur IRI, directeur Odyssée
Vincent Puig, co-directeur IRI,
Théo Sentis, chef de projet IRI
© Mary Lou Mauricio
« Dans ce billet d’humeur, nous proposons de regarder le défi écologique sous un angle original en tant que « jeu commun » et posons sur ces bases quelques principes qui guideront le jeu territorial que nous amorcerons et proposerons en Seine-Saint-Denis en 2023. »
  
Le Prisme: première européenne, un temple du sport accessible à toutes et tous
Ça y est : la première pierre du Prisme, cet équipement dédié à la pratique du sport par tou·te·s et en particulier par les personnes handicapées a été posée en octobre dernier. Imaginé et mené par le Département de la Seine-Saint-Denis, ce futur héritage des JOP Paris 2024 se construit à Bobigny.
Stéphane Troussel, président du Département de la Seine-Saint-Denis

«  Le Prisme sera une première en Europe et c'est la Seine-Saint-Denis qui le porte. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
De la fierté évidemment : le PRISME sera le premier équipement sportif d’Europe entièrement réalisé en conception universelle et c’est chez nous que cela se passe ! Nous continuons à démontrer que la Seine-Saint-Denis est une terre d’innovation et d’inclusion qui accompagne chacune et chacun, quel que soit son milieu social, son origine ou son degré d’autonomie, vers la réussite. Notre vision du handicap en dit d’ailleurs beaucoup sur notre vision de la société en général. C’est pourquoi, en Seine-Saint-Denis, nous voulons lui donner la place qui lui revient : une place centrale et le PRISME en est le meilleur exemple.
C’est le Département qui assure la maîtrise d’ouvrage et la majorité du financement de Prisme. Pourquoi c'était important pour vous ? 
Ce projet a démarré en 2012 avec l’idée visionnaire de l’Association des Établissements du Domaine Emmanuel qui souhaitait créer un gymnase inclusif en Seine-Saint-Denis. Le Département s’est saisi de ce beau projet en lui donnant une ambition plus importante. Et nous avons pu voir plus grand parce que nous n’étions pas seuls : toutes les forces vives du territoire nous ont accompagnés dans la préfiguration du PRISME depuis 2017.
Le soutien financier de l’État, la SOLIDEO, la Métropole du Grand Paris, la Région Ile-de-France, le Fonds de solidarité et d’investissement interdépartemental et de la ville de Bobigny montre ensuite une réelle volonté politique partagée autour de cet équipement. En définitive, si le Département montre sa capacité à mener à bien de grands projets d’aménagement en assurant la maîtrise d’ouvrage, le PRISME est avant tout un projet collectif en faveur du développement du sport pour toutes et tous.
Prisme, le pont entre Saint-Denis et l'Île-Saint-Denis: deux exemples d'infrastructures pensées pour le JOP2024, mais aussi et surtout dans une continuité et une réflexion autour de leur héritage ?
En 2017, l’attribution des JOP à Paris et en Seine-Saint-Denis reposait sur une vision : celle de faire des Jeux un accélérateur des transformations sociales, urbaines et écologiques au service d'une société plus juste, plus solidaire et plus inclusive. Cette vision s’incarne aujourd’hui dans des réalisations concrètes comme des passerelles piétonnes et cyclistes qui viennent relier nos villes et leurs habitants ou des équipements sportifs de qualité et innovants.
Si le parasport a gagné ses lettres de noblesse, c’est notamment grâce à de grands événements fédérateurs comme les Jeux paralympiques qui offrent une tribune unique à des sportifs exceptionnels. Et j’en suis persuadé, les Jeux de 2024 permettront une popularisation encore plus importante.
C’est cette dynamique que le PRISME propose de poursuivre et d’amplifier après les Jeux en permettant de développer la pratique sportive pour toutes et tous et, pourquoi pas, dénicher les championnes et champions paralympiques de demain. »
>Arpenter + loin:
Le principe de PRISME ? Une accessibilité universelle avec un équipement sportif pensé pour que tout le monde, quel que soit son âge, son niveau sportif, qu’il·elle soit porteur·euse de handicap ou non, et quel que soit ce handicap puisse y accéder et profiter pleinement de ses installations.
Parmi les solutions mises en œuvre dans ce bâtiment novateur ? Des bulles d’isolement avec des jeux de lumières pensés pour détendre et déstresser ou encore des espaces pour gérer les crises des personnes porteuses de handicap mental. Dans la grande salle multisport, pas de tracés au sol, mais des leds afin d’obtenir la meilleure luminosité pour les personnes déficientes visuelles. En savoir + par ici.
> Arpenter + loin :
Extrait d’un Mag de la Seine-Saint-Denis à découvrir en entier ici.
La Parole à Bopha Kong, quadruple champion du monde de para-taekwondo licencié à Bondy
«  Un tel équipement, c’est vraiment une chance pour toutes les personnes en situation de handicap qui veulent pratiquer un sport ! Peu d’équipements sont adaptés, les créneaux sont rares. Même moi, qui suis en équipe de France, qui ai l’accès à l’INSEP, je rencontre des difficultés. Faute de créneaux, il m’arrive de m’entraîner dans mon box ! Alors un tel équipement fait rêver… »

© Département Seine-Saint-Denis

© Département Seine-Saint-Denis

La parole à Rafik Arabat champion d’Europe de développé couché et éducateur sportif à La Courneuve 
«  Le PRISME, c’est juste magique ! Un lieu pensé pour tous, pour la pratique sportive de tous… En tant qu’éducateur sportif, beaucoup de parents d’enfants porteurs de handicap m’interpellent et me demandent des conseils, des adresses pour que leur enfant pratique. Mais bien souvent je suis démuni et je ne sais pas vers qui les adresser, faute d’équipements adaptés. Le PRISME va permettre aux jeunes de pratiquer, et aussi aux parents de souffler un moment, c’est important également. »

Design graphique: @Antje_Welde / Voiture 14
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